EN 1960, LA CRÉATION DE L’ARMÉE IVOIRIENNE S’EST ACCOMPAGNÉE D’UNE VOLONTÉE D’AFFIRMER UNE IDENTITÉ MILITAIRE PROPRE.
Cela s’est manifesté par une rupture avec certains symboles et usages hérités des troupes coloniales.
L’un des premiers signes distinctifs fut l’adoption d’une disposition verticale des barrettes de grade des officiers sur les épaulettes, par opposition à la disposition horizontale alors en vigueur dans l’armée française.
À une époque où la plupart des États africains nouvellement indépendants conservaient les usages vestimentaires et les codes de représentation hérités de l’armée française, ce choix constitua une singularité de l’Armée ivoirienne.
Les croquis issus des archives (2017) de votre humble serviteur, Désiré Dakoury GNABRO, illustrent cette différence à travers les galons de Capitaine et de Général de brigade : à gauche figure le modèle adopté par la nouvelle Armée ivoirienne, caractérisé par ses barrettes verticales.
Selon la tradition rapportée par plusieurs anciens militaires, cette orientation verticale traduisait une idée simple mais forte, portée par le (1er) Ministre de la Défense, Jean KONAN-BANNY : 𝒍𝒂 𝑪𝒐̂𝒕𝒆 𝒅’𝑰𝒗𝒐𝒊𝒓𝒆, 𝒕𝒐𝒖𝒕 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒆 𝒔𝒐𝒏 𝑨𝒓𝒎𝒆́𝒆, 𝒅𝒆𝒎𝒆𝒖𝒓𝒂𝒊𝒕 𝒅𝒆𝒃𝒐𝒖𝒕, 𝒇𝒊𝒆̀𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒔𝒂 𝒔𝒐𝒖𝒗𝒆𝒓𝒂𝒊𝒏𝒆𝒕𝒆́ 𝒓𝒆𝒕𝒓𝒐𝒖𝒗𝒆́𝒆.
Au-delà de son aspect esthétique, ce choix revêtait ainsi une portée symbolique, exprimant la dignité, l’indépendance et l’affirmation de la jeune nation.
Cette évolution des insignes ne signifiait nullement une rupture avec la France. Bien au contraire, la Côte d’Ivoire continua d’entretenir avec elle des relations d’amitié et une coopération militaire étroite, illustrant qu’il était possible d’affirmer une identité nationale tout en préservant des liens historiques solides.
NB
La disposition des étoiles de Général de Brigade, portée pour la première fois par le Général OUATTARA Paul Thomas d »Aquin en janvier 1966, fut abandonnée par la suite.
𝗗𝗲́𝘀𝗶𝗿𝗲́ 𝗗𝗮𝗸𝗼𝘂𝗿𝘆 𝗚𝗡𝗔𝗕𝗥𝗢
𝐻𝑖𝑠𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑒𝑡 𝐵𝑖𝑜𝑔𝑟𝑎𝑝ℎ𝑖𝑒𝑠